Bris de service en service de garde scolaire : une mesure exceptionnelle, pas un nouveau modèle
Les services de garde scolaires du Québec font face, comme plusieurs autres secteurs, à une pénurie de personnel bien réelle. Les départs imprévus, les difficultés de recrutement et les défis de rétention placent parfois les milieux devant des décisions complexes, prises dans l’urgence et avec une seule priorité : assurer la sécurité des élèves présents au service de garde et respecter les quotas obligatoires.
Dans ce contexte, des bris de services temporaires peuvent survenir. Lorsqu’ils sont utilisés pour respecter les ratios obligatoires et maintenir un encadrement sécuritaire, ces choix relèvent de la responsabilité des milieux. Ils visent à stabiliser la situation et à permettre une reprise du service dans les meilleurs délais.
L’Association québécoise de la garde scolaire (AQGS) comprend cette réalité et reconnaît les efforts des équipes qui doivent composer, au quotidien, avec ces contraintes.
Une inquiétude face au risque de normalisation
💡 Là où l’AQGS souligne le caractère préjudiciable de la situation, c’est face à l’idée que ce type de mesure pourrait devenir permanente ou servir de solution structurelle.
Un bris de service doit demeurer l’exception, une réponse ponctuelle à une situation exceptionnelle, et non un nouveau modèle d’organisation des services aux élèves. Pérenniser une réduction de service, particulièrement pour certains groupes d’âge, pose un risque important : celui d’affaiblir progressivement l’offre de service de garde scolaire et de priver les élèves d’un service profitable à leur développement global.
Service de garde ou service de surveillance : deux réalités distinctes
Il est essentiel de rappeler qu’un service de surveillance n’est pas équivalent à un service de garde scolaire.
Le service de garde en milieu scolaire constitue un prolongement du milieu de vie éducatif. Il assure une continuité pédagogique avec le projet éducatif de l'école tout en offrant un encadrement structuré et sécurisant. À travers des activités adaptées au développement des élèves, il joue un rôle déterminant dans le soutien aux compétences sociales, émotionnelles et relationnelles des jeunes, favorisant ainsi leur épanouissement global au sein de la communauté scolaire.
À l’inverse, un service de surveillance se limite principalement à une présence adulte visant la sécurité, sans mission éducative comparable. Assimiler ces deux services revient à minimiser le rôle que joue le service de garde scolaire dans le parcours scolaire d’une majorité d’élèves du primaire.
Des besoins réels, pour toutes les familles
Au-delà de la distinction entre les services, il faut aussi considérer les impacts concrets pour les familles. Pour de nombreux parents, le service de garde scolaire n’est pas un choix accessoire, mais une condition essentielle à la conciliation travail-famille.
Lorsque le service de garde scolaire est réduit, peu de solutions de rechange existent, et ce sont les familles qui absorbent les conséquences : réorganisation forcée, coûts supplémentaires, inégalités accrues.
Maintenir le cap : renforcer, plutôt que réduire
La pénurie de personnel demande des solutions collectives et durables, visant l’amélioration des conditions de travail et la reconnaissance du personnel de la garde scolaire afin de renforcer l’attractivité du milieu.
L’AQGS réaffirme donc que le service de garde scolaire est un service essentiel, dont la valeur éducative, sociale et humaine doit être préservée. Les mesures exceptionnelles doivent rester ce qu’elles sont : temporaires, encadrées et orientées vers un retour à un service complet.
Diane Miron
Directrice générale de l’Association québécoise de la garde scolaire